RE-LIRE RE-LIURE

RE-LIRE RE-LIURE


GENÈSE

Papier, rouleau, édition : trois mots qui évoquent ma pratique artistique. Les deux premiers font référence au même objet, soit le rouleau de papier industriel. Le troisième vient de ma passion pour les livres, ou plus généralement la forme reliée.

Trois formes qui sont au centre de ma pratique artistique et à l’origine de cet objet-mémoire.

Le papier est le point de départ de ma pensée et de mes projets. Mes premières expérimentations se sont portées sur le papier photocopie blanc au format A4 et au grammage 80, qui est le format industriel le moins cher et le plus accessible. De mes recherches, j’ai pu constater que le papier est résistant, tant dans sa matérialité que son existentialité, mais il est limité par sa surface. Pour « sortir » de cette spatialité, il me fallait une forme qui me fournisse autant de matière qu’une ramette de papier. Le choix de la forme du rouleau était évident. Son déroulement dans sa longueur est illimité et me permet une grande liberté de production.

Le rouleau m’a amené à chercher d’autres supports papier. Ma pratique a alors voyagé du rouleau au livre. C’est le passage d’un support en longueur, qui offre un défilé continuel de colonnes, à un espace délimité, entité visuelle intellectuellement autonome. J’affectionne particulièrement l’acte « d’éditionner ». Les processus et techniques les plus récurrents de ma pratique artistique sont transvasés sous forme d’éditions, afin qu’ils se ressentent et se comprennent au travers de la forme du livre et des pages. Accompagnées d’un texte court et concis, ces éditions offrent un échantillon de ma pratique. Travailler ainsi soulève de nombreuses questions. Qu’est-ce que la reliure ? A quoi sert-elle ? Comment est-elle fabriquée ? Avec quoi ? Pour répondre à ces questions, il est dans mes habitudes de chercher la définition d’un mot pour mieux l’analyser. Partir de la racine et de l’étymologie pour en comprendre ses origines.

RELIURE [RƏljYR] n. f. ─ 1548 ; de relier 1◊ Action ou art de relier (les feuilles d’un livre). Donner un livre à la reliure. Apprendre la reliure. 2◊ Manière dont un livre est relié : couverture d’un livre relié. Plats, dos, nerfs, coins, gardes d’une reliure. Reliure pleine, entièrement en cuir. Demi-reliure, dont le dos seul est en cuir. Reliure d’amateur ou amateur, à dos et coins ou bande en cuir. Reliure à la Bradel : variété de reliure à dos brisé. Reliure en basane, en chagrin, en veau, en vélin, en parchemin, en maroquin. « J’aime les livres dont la reliure coûte très cher » (Goncourt).VOIR PLUSLe nouveau petit Robert, sous la direction de Josette Rey-Devobe et Alain Rey, Denoël : Paris, 1997, p. 1919.

La reliure est « l’action ou l’art de relier les feuilles d’un livre ». Tout simplement. Quel bel objet qu’un livre. Relier + feuilles = livre. Voilà la formule mathématique ultime. Partant de cette addition, j’ai tracé l’histoire de la reliure, afin d’en assimiler ses techniques, de sa naissance à aujourd’hui.
Le fait qui m’a particulièrement amusé pendant mes recherches fut de constater que le volumen (papyrus, parchemin) présentait un système de reliure archaïque. Les rouleaux traitant du même sujet étaient « serrés » ensemble et conservés dans des jarres ou des coffrets. C’est une aube à la reliure du codex.VOIR PLUSUne légende veut, et les légendes ont parfois raison, que Cléopâtre faisant visiter à César les ateliers d’Alexandrie, lui fasse découvrir les premiers essais d’une formule nouvelle de présentation des documents. Au lieu de l’habituel rouleau ou « volumen », les Egyptiens avaient eu l’idée de plier les feuilles de papyrus en deux, d’en couper plusieurs à la même dimension, de les réunir entre elles par une couture pour former une sorte de «brique quadrangulaire», facile à compulser, qu’on appellera « codex », notre futur livre. La reliure, Annie Persuy et Evrad Sün. Denoël : Paris, 1983, p. 12.

L’apparition de la reliure répond à un des besoins les plus essentiels de conservation des écrits. Mais c’est également la naissance de l’art du livre, dont les techniques de décorations se sont multipliées au fur et à mesure des siècles.
Les reliures sont faites, entièrement ou partiellement, de cuir épais et rude provenant du mouton, de la truie ou du cerf, ainsi que du daim. Généralement utilisées pour les livres de bibliothèques, les décorations sont sommaires et contrastent parfois violement avec le rafinnement des belles reliures, qui regroupent les reliures d’orfèvrerie et les reliures d’étoffe.
Les reliures d’orfèvrerie concernent les livres d’Eglise. A l’image de nombreux objets de culte tels que des autels ou des vases sacrés, leurs décors somptueux se composent de pierreries, de plaques d’ivoires sculptées, de métaux précieux ou de gemmes.
Les reliures d’étoffe sont faites de velours, de brocart ou encore de camelot et sont réservées aux livres précieux, qu’ils soient religieux ou profanes. Les étoffes peuvent alors être ornées de broderies, ou de soie brochée d’or ou d’argent.
Les reliures des ces trois catégories tiennent leur nom du style ou de l’origine de leur décorations et non des techniques elles-mêmes (coutures, encollage). Elles n’ont d’ailleurs que très peu évolué en 2000 ans. Encore aujourd’hui, les restaurations de livres anciens se font de la même manière, avec des matériaux certes plus modernes, mais en répétant les mêmes gestes, en série.

Dans l’idée que les actes valent mieux que les mots, j’ai à mon tour expérimenté ce processus répétitif et sériel dans mon objet-mémoire. Chaque édition est conçue en cinq exemplaires, à partir des mêmes gestes et techniques.

En examinant l’anatomie des reliures, j’ai choisi d’omettre complètement les éléments de « décorations » si chères aux reliures anciennes et artistiques, pour me concentrer sur l’acte de « relier » et ainsi isoler chaque étape et action à effectuer. Bien que toutes différentes les unes des autres, elles requièrent plus ou moins les mêmes actions qui sont de percer, couper, plier, coudre ou coller. Un véritable apprentissage ! L’objet-mémoire offre la possibilité aux lecteurs de re-LIRE la reliure et de saisir les enjeux de chacune d’entre-elles, tout en acquérant un véritable savoir-faire.

Alors pourquoi parler de reliure dans un livre relié ? Comment travailler la reliure sans travailler le livre ? La forme ce suffit-elle à elle-même ? Tant de questions qui m’ont amenée à penser le livre comme objet de support pour la reliure.
Je joue ici le jeu de la tautologie. L’édition est réduite à la plus simple expression de « ce que l’on voit est ce que l’on voit ».VOIR PLUSQuestions à Stella et Judd, entretien avec Bruce Glaser, in Claude Gintz dans Regards sur l’art américain des années soixante. Territoires : Paris, 1979, p. 58. Je privilégie la reliure et sa mise en forme pour justifier l’éviction du geste lyrique de l’écrivain.
Mon écriture n’est pas faite de lettres, de mots ou de phrases.VOIR PLUSCeux qui ont peur de l’achromie en peinture ou des silences en musique, au cinéma, dans la vie sont probablement tenaillés par une névrose de l’explication, de la justification ou des divertissements et anecdotes qui les précèdent ou leur succèdent. Ils ne voient pas que le blanc n’est pas une perte du sens et des sens mais un face-à-face sensoriel et sémantique idéal, l’écran parfait où l’être peut comprendre dans la stupeur ce qu’est sa vision du monde, l’approche humaine du visible, son épiphanie lentement éblouissante. Ils sont trop pressés de juger du sens. Le présupposant, ils craignent de la perdre. Blanc, Stéphanie Busuttil. Assouline : Paris, 2001, p. 5-6. Elle est évoquée au travers des matériaux qui construisent l’objet-mémoire, qui lui-même écrit mes pensées et par sa forme, les expliquent au lecteur. Il s’agit d’une écriture plastique.

« Le spectateur est simplement invité à noter ou à constater les seules propriétés de formes et de couleurs immédiatement perçues [...] Ce réductionnisme devient lui-même un minimalisme [...] dans la mesure où le projet consiste à proposer des objets et des installations seulement offerts à la perception de leur structure dans la transparente simplicité et la parfaite lisibilité amènent souvent à les considérer comme de simples objets industriels et non comme des oeuvres d’art auto-finalisé es. De ces objets, on ne peut rien faire d’autre qu’une description de ce qu’ils sont comme réalité objective profondément anonyme. Cette description se doit d’être la plus dénotative possible et les connotations qu’elle pourrait contenir doivent se résorber dans et par la simple proposition tautologique puisque la tautologie semble être la seule manière valide de penser et de fixer un sens littéral et propre, sans les tours et détours de la métaphore ou de toutes les figures rhétorique.»VOIR PLUSCe que vous voyez est ce que vous voyez, sous la direction de Leszek Brogowski et Pierre-Henry Frange. Presses universitaires de Rennes : Rennes, 2009, p. 10.

Le déploiement des reliures de l’objet-mémoire est le résultat d’une recherche archéologique des techniques consistant à relier les feuilles d’un livre. Reliures anciennes, reliures artisanales, reliures artistiques ou reliures industrielles, elles ont toutes leurs particularités et présentent de nombreuses variations. L’archivage permet de toutes les référencer. Chacune des vingt-huit reliures présentées est un échantillon parmi toutes ses versions possibles. Mon choix s’est arrêté sur les plus simples d’entre-elles, puisque le niveau de difficulté des plus complexes est souvent plus créatif qu’utile.
Qu’elles soient constituées de fil, de corde, de colle, de métal, de plastique, de bois, de cuir ou d’élastique, elles sont mises en avant par une même couleur, le noir ou la couleur par défaut du matériau. Cette uniformisation permet de les mettre toutes au même niveau et de créer un point de repère.

Dans la continuité « d’échantillonnage », les éditions se composent de 40 pages de papier photocopie blanc 80 gr en A6 (10,5x14,8 cm). C’est un format qui permet une manipulation rapide et aisée. Les pages, laissées blanches sont directement inspirées des maquettes en blanc des imprimeurs. Les maquettes sont des faux livres confectionnés pour donner une idée de l’aspect final de l’ouvrage. Le format, le nombre de pages et le papier de fabrication sont respectés, ce qui permet de connaître l’épaisseur définitive du livre et envisagé la confection de la couverture. Elle est dite « en blanc » parce que son contenu n’est pas imprimé.
Vierge de tout écrit, l’objet-mémoire manquent des repères habituels et invite à redécouvrir la forme du livre avec de nouveaux points de vue. Le silence ou le vide de la page, permet de laisser place aux détails de la reliure, auxquels les lecteurs portent généralement peu, voir aucune attention.VOIR PLUSLa monochromie des modernes n’est pas du tout l’échec des messages [...]. Bien au contraire, c’est face au blanc et en lui que se joue la vision la plus alerte, le regard de l’aigle, au bord de la folie. Le blanc est une enstase et une extase. Blanc, Stéphanie Busuttil. Assouline : Paris, 2001, p. 9.

Par le blanc, les éditions sont ouvertes sur le sens et l’interprétation. Le code couleur aide à baliser les pensées. Si l’on a compris la splendeur du blanc, on peut apprivoiser la gravité du noir.VOIR PLUSBlanc, Stéphanie Busuttil. Assouline : Paris, 2001, p. 8. C’est pourquoi, là où le blanc est attribué au papier photocopie, le noir est attribué à la reliure. Ainsi, si l’on a compris le rayonnement du papier, on peut apprivoiser l’importance de la reliure. Le gris est quant à lui l’entre-deux, il permet d’harmoniser la couverture, tout en mettant en avant le fait qu’elle soit un élément optionnel.

Le seul écrit qui accompagne les éditions est un hors-texte, qui s’inspire du cartel et qui apporte les informations nécessaires. Le hors-texte est un feuillet imprimé à part, parfois sur un papier de qualité ou de couleur différente, de mêmes dimensions que l’ouvrage où il est intercalé au moment du façonnage. Non compris dans la pagination, il permet l’ajout d’informations complémentaires ou non au livre sans pour autant perturber son contenu. Dans le cadre de l’objet-mémoire, les renseignements se présentent sous forme de cotations, inspirées du système de catalogage et d’indexation de la bibliothèque. Chaque édition possède sa cotation imprimée sur un hors-texte permettant de référencer sa reliure. Le hors-texte a la particularité de ne pas être imposé, comme le serait une impression dans le corps de l’ouvrage, le lecteur peut choisir de l’ignorer ou de s’y référer. Il permet également de garder la liberté de choisir dans quel sens ouvrir et feuilleter les éditions, qui n’ont ni début ni fin.

« L’oeuvre tente de se clore sur elle-même en ne montrant que ce qu’elle est ou l’opération en quoi strictement elle consiste. Mais cette clôture est paradoxalement une ouverture. Car, dans la mesure où l’oeuvre est conçu comme une installation – qui ne révèle aucune signification qui soit au-delà ou en dessous d’elle et qui n’a donc pas de fonction imaginaire ou métaphorique -, elle tend aussi à s’étendre à l’ensemble du lieu ou de l’environnement social dans lesquels elle est justement installée. Le spectateur n’a alors pour tâche que celle qui consiste à expérimenter, à constater et à faire varier les configurations spatio-temporelles que l’oeuvre minimaliste en ce sens strict, a rendues possible.»VOIR PLUSCe que vous voyez est ce que vous voyez, sous la direction de Leszek Brogowski et Pierre-Henry Frange. Presses universilaires de Rennes : Rennes, 2009, p. 113.

COTATIONS
  • A
  • AA
  • AAP
  • ABP
  • AE
  • ALA
  • ALE
  • AMOB
  • AT
  • AV&R
  • B
  • C
  • CS
  • DCC
  • DCCC
  • I
  • J
  • LS
  • PM1
  • PM2
  • PM3
  • PSM
  • PSP
  • ROC
  • SC
  • SP
  • SW-O
  • ZZ
  • Atoma
  • à anneaux
  • à attaches parisiennes
  • à baguette plastique
  • à élastique
  • à lamelles archivage
  • à l’écolière
  • anneau métal ou bouclette
  • à tiges
  • à vis et rivets
  • Belge
  • Copte
  • couture Singer
  • dos carré collé
  • dos carré collé cousu
  • Integra
  • Japonaise
  • Long Stich
  • piqûre métal 1
  • piqûre métal 2
  • piqûre métal 3
  • par serrage métallique
  • par serrage plastique
  • relié ou cartonné
  • spirale Coil
  • spirale plastique
  • spirale Wire-O
  • Zig Zag
BIBLIOGRAPHIES

AMBROSE, Harris.Format.
Pyramyd : Paris, 2007.

BLASSELLE, Bruno.Histoire du livre : A pleines pages, vol. 1.
Gallimard : Paris, 1998.

BLASSELLE, Bruno.Histoire du livre : le triomphe de l’édition, vol. 2.
Gallimard : Paris, 1998.

BUSUTTIL, Stéphanie.Blanc.
Assouline : Paris, 2001.

BROGOWSKI, Leszek et FRANGE, Pierre-Henry.Ce que vous voyez est ce que vous voyez.
Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2009

DEVAUX, Yves.Dix siècles de reliure.
Pygmalion : Paris, 1977.

FONTAINE, Jean-Paul.Le livre des livres, du manuscrit médiéval à nos jours.
Bibliothèque de l’Image : Paris, 1999.

MALAVIEILLE, Sophie.Reliures et cartonnages d’éditeur en France au 19e siècle (1815-1865).
Editions Promodis : Paris, 1985.

MERCIER, Alin (dir.).Les trois révolutions du livre.
Imprimeries Nationales : Paris, 2002.

PERSUY, Annie et EVRAD, Sün.La reliure.
Denoël : Paris, 1983.

ROBERT, Paul et REY DEVOBE, Josette (dir.).Le nouveau petit Robert de Paul Robert.
Denoël : Paris, 1997.

TOULET, Jean.ntroduction à l’histoire de la reliure française, XV e - XVIII e siècle.
Bibliothèque Nationale : Paris, 1973.

WEBOGRAPHIE

Bibliothèque Nationale de France.L’aventure du livre.
http://classes.bnf.fr/livre/index.htm

LENORMAND, Sebastien.Nouveau manuel complet du Relieur.
Encyclopédie-Roret : Paris, 1900
(Adaptation électronique par L.Michon pour l’imprimerie le moulin du Verger : 2006).
http://www.moulinduverger.com/reliure-manuelle/roret.php

MILLION, Alain et PERELMAN, Marc.L’esthétique du livre.
Presses universitaires de Paris Ouest : Nanterre, 2010. (Publication sur le site OpenEdition Books : 13 février 2013).
http://books.openedition.org/pupo/1859

MILON, Alain et PERELMAN, Marc.Le livre et ses espaces.
Autour du livre et de ses métiers : Nanterre, 2007. (Publication sur le site OpenEdition Books : 20 décembre 2012).
http://books.openedition.org/pupo/453

CAILLAT, Laurent.Finition et reliure en imprimerie.
Série de 6 articles publiés le 29 décembre 2015, le 05, 12, 19, 26 janvier 2016 et le 02 février 2016.
http://imprimerie-exception.com/reliure-et-finition-en-imprimerie/
http://imprimerie-exception.com/finition-et-reliure-en-imprimerie-partie- 2/
http://imprimerie-exception.com/decoupe-a-lemporte-piece-en- imprimerie-partie-3/
http://imprimerie-exception.com/pliage-en-imprimerie-partie-4/
http://imprimerie-exception.com/finition-et-reliure-en-imprimerie-partie- 5/
http://imprimerie-exception.com/finition-et-reliure-en-imprimerie-partie- 6/

BAEHLER, Ghislaine.Manuel Complet de Reliure V2.
Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne. (Compilé par ReneG ).
https://fr.scribd.com/doc/29584815/Manuel-Complet-de-Reliure-V2

LAMBERT, Anne-Sophie.La reliure entre art et technique.
Publication en ligne de la BNF.

http://classes.bnf.fr/rendezvous/pdf/reliure.pdf

MONOGRAPHIE

BATES, Jennifer. Designer.
Chaîne youtube SEA LEMON (part of Kin Community).
https://www.youtube.com/channel/UCGbxOeCBuGSsKvt4g9lEv3A

RUSQUET, Ludivine. Designer graphique print et web.
http://ludivine-rusquet.fr/

MARNAY, Marie Dominique. Relieuse.
L’atelier de DOM à SEMBLANCAY,Indre et Loire, France.
http://www.atelierdedom.com/

EVRARD, Sün. Relieuse.
http://sun.evrard.pagesperso-orange.fr/

CLARYSSE, Corinne. Relieuse.
http://www.corinneclarysse.be/