VARIETES DE FOLIES

VARIETES DE FOLIES

Les pellicules papiers Peintures sont tout le contraire des pellicules papiers brulées, il s’agit de dérouler complètement la pellicule, à plat et au sol, pour ensuite la travailler, comme on travaillerait une toile.

La série Peintures comportent plusieurs pellicules aux recherches variées. Je me suis inspirée des films peints des débuts du cinéma.

« En désencombrant ainsi l’auteur de cinéma de l’assourdissante panoplie des appareils à filmer, de la pesante assistance des techniciens et des acteurs, en supprimant cette médiation et ces relais qui l’éloignent d’autant de son œuvre, ils rendraient au geste créateur tout son sens, toute sa puissance et surtout toute sa liberté […] ils mettaient ou remettaient le cinéma dans l’orbite de la peinture et du dessin, c’est-à-dire des arts où tout dépend d’une main et où tout est possible ». VOIR PLUSECE, p.76. McLaren nous fait découvrir, en homme de science, ses inventions : des atomes.

Cet extrait, résume très bien la démarche de nombreux cinéastes expérimentaux. Norman McLaren, Stan Brakhage, José Antonio Sistiaga… Une révolution qui délivre le cinéma de l’asservissement au réel. Une économie d’efforts, un refus du réalisme et de la figuration. Ainsi, en prenant exemple du cinéma non-figuratif de McLaren, ce n’est plus un cinéma qui gravite autour du monde, c’est le monde qui gravite au gré du cinéma. Et c’est un monde refait.

Le monde que je refais dans Variétés de folies se rapproche significativement de la féerie maclaréienne. Les couleurs vives, qui se développent comme des veines, apparaissant et disparaissant, de plus en plus furtives au fur et à mesure que l’œuvre progresse. Il s’agit d’une invitation à un voyage imaginaire, aux êtres, aux paysages et gestes surprenants. Une contemplation, où l’imaginaire du spectateur se déroule avec la pellicule. Cette pellicule aux couleurs vives a été peinte pour une mise en lumière et de contrastes.